Aidant : rôle, quotidien, difficultés et solutions pour se faire accompagner

Écrit par Eva
04/02/2026
Temps de lecture : 5 min

On parle beaucoup de handicap, de maladie ou de perte d’autonomie. En revanche, on parle encore trop peu de celles et ceux qui accompagnent au quotidien. Les aidants sont pourtant des millions en France. Ils travaillent, élèvent des enfants, gèrent leur vie personnelle tout en soutenant un proche en situation de handicap, de maladie chronique ou de dépendance.

Très souvent, ils ne se reconnaissent même pas comme aidants. Ils pensent simplement « faire ce qu’il faut ». Pourtant, ce rôle a un impact réel sur la santé, la vie sociale et la vie professionnelle. Comprendre ce qu’est un aidant, ce qu’il vit au quotidien et comment se faire accompagner est une première étape essentielle.

Qu’est-ce qu’un aidant ? Définition et réalité

Son rôle, en quelques mots

Un aidant, aussi appelé proche aidant, est une personne qui apporte de manière régulière une aide à un proche en situation de handicap, de maladie chronique ou de perte d’autonomie. Même si le rôle d’aidant est désormais reconnu par la loi, il ne nécessite aucune démarche administrative particulière. Il n’existe pas non plus de statut juridique officiel pour l’être.

Ce rôle peut prendre différentes formes : soutien moral, organisation du quotidien, accompagnement médical ou gestion administrative. Dans tous les cas, il s’ajoute à la vie personnelle et parfois professionnelle de l’aidant.

📌 Qui peut être aidant ?

Il n’existe pas de profil type. Un aidant peut être :

  • un conjoint,
  • un parent,
  • un enfant,
  • un frère ou une sœur,
  • un ami proche.

On peut devenir aidant progressivement ou du jour au lendemain, à la suite d’un accident, d’un diagnostic ou d’une évolution de l’état de santé d’un proche. Être aidant n’est ni un statut officiel, ni un choix prémédité. C’est souvent une réalité qui s’impose.

Combien de personnes sont aidantes aujourd’hui ?

En France, plus de 11 millions de personnes, soit près de 1 français sur 5 apportent une aide régulière à un ou plusieurs de leurs proches en perte d’autonomie, et cette réalité concerne des profils très variés. Selon le Baromètre des aidants (BVA pour la Fondation April, 2020) et la synthèse de l’enquête OCIRP / VIAVOICE (2021), 58 % des aidants sont des femmeson devient aidant en moyenne à partir de 39 ans, et 62 % des aidants exercent une activité professionnelle. Pourtant, beaucoup ne se définissent pas comme aidants et ignorent les dispositifs existants.

Les situations d’aidance concernent aussi bien le handicap que les maladies chroniques ou le vieillissement. Dans de nombreux cas, la situation est invisible, ce qui rend le rôle d’aidant encore plus difficile à faire reconnaître.


Le quotidien des aidants : une réalité souvent méconnue

Un rôle qui s’ajoute au reste

Être aidant, ce n’est pas simplement « donner un coup de main ». C’est souvent assurer une présence constante, gérer des imprévus et adapter son organisation en permanence. Les journées sont rythmées par les rendez-vous médicaux, les démarches administratives, la coordination avec les professionnels et le soutien émotionnel.

Cette charge est rarement visible de l’extérieur, mais elle mobilise beaucoup d’énergie physique et mentale.

Travailler et être aidant

Être aidant tout en exerçant une activité professionnelle est une réalité pour de nombreuses personnes, mais elle reste particulièrement éprouvante. Selon une enquête OpinionWay – Malakoff Humanis – France Alzheimer (2016)80 % des aidants en emploi déclarent avoir des difficultés à concilier leur vie professionnelle et leur rôle d’aidant. Cette charge se traduit aussi par des impacts cognitifs et organisationnels : 72 % des aidants disent éprouver des difficultés à se concentrer, et 44 % posent régulièrement des jours de RTT pour pouvoir aider leur proche.

Les difficultés rencontrées

Être aidant expose à des risques importants. La fatigue s’accumule, le stress devient chronique et l’isolement peut s’installer. On parle parfois d’épuisement de l’aidant, lorsque la charge devient trop lourde et que les ressources personnelles s’amenuisent.

Beaucoup d’aidants tardent à demander de l’aide. La culpabilité, le sentiment de devoir « tenir », la méconnaissance des dispositifs ou l’invisibilité de son rôle sont autant de freins. Pourtant, demander de l’aide est souvent une condition indispensable pour tenir dans la durée.

Au-delà de l’organisation du travail, les conséquences sont également humaines. Les problèmes rencontrés par les aidants sont à la fois psychologiques, physiques et professionnels. Selon l’enquête Handicap-Santé aidants (DREES, 2008), 48 % des aidants déclarent souffrir d’une maladie chronique29 % se sentent anxieux ou stressés, et 25 % ressentent une fatigue physique et morale importante. Ces chiffres montrent à quel point la conciliation entre emploi et rôle d’aidant constitue un enjeu majeur de prévention et de maintien en emploi.

Comment se faire accompagner ?

Les solutions existantes

De nombreux dispositifs existent pour soutenir les aidants, même s’ils restent encore trop peu connus. Depuis 2019, le gouvernement a engagé une stratégie nationale de soutien aux aidants, visant à mieux les informer, les orienter et les accompagner.

Parmi elles, les aidants peuvent notamment s’appuyer sur un numéro téléphonique national gratuit, le 0800 360 360, dédié à l’écoute, à l’information et à l’orientation des aidants.

En complément, des lieux d’accueil labellisés « Je réponds aux aidants ». Une plateforme numérique nationale, également intitulée Je réponds aux aidants, recense l’ensemble des solutions d’accompagnement disponibles dans chaque territoire et facilite l’accès à l’information.

Ces dispositifs ont un objectif commun : rappeler aux aidants qu’ils ne sont pas seuls et qu’il existe des ressources pour les soutenir, prévenir l’épuisement et sécuriser leur parcours personnel et professionnel.

Les acteurs à mobiliser

Un aidant peut s’appuyer sur différents interlocuteurs : médecin traitant, associations spécialisées, MDPH, CCAS ou plateformes d’accompagnement et de répit. Chaque situation est unique, et l’accompagnement doit être adapté au contexte personnel et professionnel.

Être aidant et travailler : quelles solutions en entreprise ?

Être aidant et salarié n’est pas incompatible, à condition que le sujet puisse être abordé. Il est possible d’échanger avec les ressources humaines, le manager, le référent handicap ou la médecine du travail, sans forcément dévoiler la pathologie du proche.

Des solutions existent, comme le télétravail, l’aménagement des horaires, l’adaptation du poste, don de jours de congés entre collègues, ou certains congés spécifiques. Ces dispositifs permettent de concilier emploi et rôle d’aidant sans s’épuiser.


Être aidant ne devrait jamais rimer avec être seul

Les aidants jouent un rôle fondamental dans notre société, mais restent encore trop souvent invisibles. Reconnaître ce rôle, c’est permettre une meilleure prévention, des parcours professionnels plus sécurisés et une meilleure qualité de vie.

Être aidant n’est ni une faiblesse ni un problème. C’est une réalité qui mérite reconnaissance, soutien et accompagnement.

Vous êtes aidant ou accompagnez une personne en situation de handicap ?

Si vous êtes aidant, ou si vous accompagnez une personne en situation de handicap dans votre parcours professionnel, vous n’êtes pas seul.

Chez AKTISEA, nous accompagnons chaque jour des candidats BOETH vers des opportunités professionnelles adaptées, motivantes et bienveillantes.

Nos équipes vous accompagnent pas à pas.

🎯 Que vos proches soient en recherche d’emploi, en reconversion ou en poste, nous sommes là pour vous aider à avancer avec confiance.

👉 Contactez-nous dès maintenant pour bénéficier d’un accompagnement personnalisé et trouver le poste qui lui correspond vraiment.